Opinion : Enseignement 2.0 ou l’école en temps de confinement

30 juin 2020 par Angélique Tasiaux.

Voici un bel article d’Alexandra pour Cathobel.

« Avant l’ère, c’est pas l’heure! Après l’air, c’est plus l’heur… »

Une bien curieuse orthographe pour parler de l’enseignement…  Et pourtant, si l’on en croit ce que l’on vient de vivre avec le confinement, une ère est belle et bien révolue dans cette « galaxie » qu’est l’école. Un air nouveau s’y est engagé – mais que présage-t-il de bon ou de mal-heur? Vous en jugerez vous-mêmes à travers ce qui suit…

Au début du confinement, une école fondamentale s’est organisée pour ouvrir ses locaux à des profs qui emballent – en toute discrétion et distanciation – des colis alimentaires à destination des familles de leurs élèves. Un autre établissement reçoit dix ordinateurs pour les jeunes qui n’en n’ont pas et resteront ainsi en lien numérique avec leurs enseignants. En tout, 160 ordinateurs ont été donnés. Evidemment, pour 165.000 élèves, c’est peu, mais c’est déjà cela. Dans une autre école encore, les profs s’organisent pour porter leurs photocopies aux domiciles mêmes de leurs jeunes… Bref, à situation inédite, mesures créatives. Et généreuses. Ce n’est pas sans rappeler l’ADN d’institutions scolaires qui se sont édifiées sur cette fracture sociale, quand les ordres enseignants fondaient leurs toutes premières écoles dans les granges des villages ou des salles paroissiales.

Au-delà de ces gestes de premiers secours, que s’est-il passé du côté de l’enseignement pendant ces trois mois extra (et paradoxalement intra) muros?

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Une journée au Centre spirituel Notre-Dame de la Justice…

   Le 11 février 2020, j’ai eu la chance de vivre une journée de formation proposée par ma direction. Ma première pensée fut : « encore des heures perdues avec mes élèves, est-ce nécessaire ? » … Je me laisse vite convaincre par l’enthousiasme de mes collègues de branche qui souhaitaient vivre cette journée ensemble afin de renforcer l’équipe. Ni une ni deux, me voilà devant la beauté de l’endroit empreint de sérénité….

Après un déjeuner convivial qui m’a permis de revoir quelques têtes connues et de discuter avec des nouvelles, nous nous dirigeons ensemble dans une salle pour écouter une analyse biblique sur le thème du chemin parcouru par le prophète Elie. Il est parfois agréable d’écouter et ne pas toujours enseigner. Intérieurement, je réalise des liens entre la route semée d’embûches d’Elie et le parcours scolaire de mes élèves. Il n’est pas toujours évident de faire les bons choix et de faire confiance à celui qui les guide au quotidien. Par après, les formateurs nous proposent un moment individuel, pour soi : une balade dans la forêt, un temps dans une des trois chapelles ? J’opte pour le ressourcement dans la forêt. C’est après quelques pas que je me rends compte à quel point, être loin de l’affairement quotidien est très plaisant et nécessaire à mon bien-être. 

   Pour le programme de l’après-midi, nous avons l’occasion de créer ensemble une célébration religieuse grâce aux intelligences multiples. Chaque groupe devait proposer des idées en lien avec une intelligence (visuelle, kinesthésique, …). A la fin, nous nous sommes réunis pour mettre en commun toutes nos idées et ainsi créer la célébration : quel travail d’équipe, une myriade de possibilités ! La célébration s’est déroulée à la chapelle bleue en toute simplicité. Chacun a pu vivre un moment autant intérieur que collégial. Il était frappant de voir que nous étions sur la même longueur d’onde ; nous avons partagé un moment précieux sous la lumière bleue filtrée par les vitraux de la chapelle, un régal pour les yeux ! C’est un lieu où chacun peut se sentir bien.

La journée a filé à toute vitesse, il est maintenant temps de rentrer chez soi ! C’est avec dynamisme, des idées plein la tête que je reprends la route en ayant hâte de retrouver mes élèves le lendemain.

Emilie De Beusscher – professeur au Collège Saint Hubert

Autres photos de la journée: http://journee-de-formation-et-de-ressourcement-"connexions-vivifiantes"

‘Tant de visages, tant de rencontres au cœur de Bruxelles’

Ouverture Académique du 4ème degré de l’institut Dominique Pire,

le 4 octobre, à la Salle Lumen :

Une fois par année scolaire, tous les étudiants en soins infirmiers et de l’année préparatoire au Jury Central donnant accès aux études en soins infirmiers, ainsi que les membres de l’équipe administrative et pédagogique, se réunissent afin de fêter le début de l’année académique et développer un thème particulier. Le 4 octobre dernier, l’équipe organisatrice a souhaité mettre en lumière les 9 valeurs du Centre scolaire Dominique Pire (indiquées en gras dans le texte !) et les ‘ visages’ de l’école, soit environ 400 étudiants adultes répartis sur le site de Lenglentier, près de la Gare du Midi (Bruxelles – ville) et le site Val Duchesse (Auderghem). 

L’après – midi a débuté avec un power point des visages des étudiants, professeurs et autres membres du personnel, des selfies pris dans des coins plus ou moins connus de Bruxelles. Etonnant tour de la capitale, agrémenté de chansons (belges), qui a suscité des applaudissements généreux bien mérités vu la qualité de ce travail 

Lors de la Journée de formation et de ressourcement organisée par la Pastorale Scolaire en février 2019, Sébastien de Fooz avait mis en valeur la gratitude et la bienveillance. Son expédition urbaine d’un mois dans Bruxelles sans rentrer chez lui, mais aussi son pèlerinage Gand – Jérusalem, étaient d’excellents motifs pour illustrer la confiance et la curiosité. Après le power point des visages, Sébastien de Fooz est donc venu relater avec honnêteté ses longues marches et ses rencontres et a captivé son public. 

Manza, belgo- marocain, ‘maroxellois’ comme il se décrit lui-même, rappeur – slameur, et aussi éducateur de rue, a également témoigné en musique et en textes rédigés en slam : récit vibrant sur le combat de Lola contre le cancer du sein, sa vision de la ville de Bruxelles et, cerise sur le gâteau, un texte en slam composé sur place en écoutant les différents intervenants et en palpant l’ambiance de notre section. Il a été apprécié par beaucoup pour son engagement auprès des jeunes et des personnes âgées (il anime des ateliers intergénérationnels d’écriture en slam dans des maisons de repos). Le respect de chacun est primordial pour lui, en toutes circonstances : il l’a rappelé avec humour et conviction. 

Sébastien de Fooz et Manza

Petite surprise de taille entre les 2 orateurs : une bibliothécaire est montée sur scène avec son compagnon. Tous deux chanteurs du groupe Atal Sia, ils ont ému la plupart des participants en offrant, en primeur pour la Belgique, une chanson en anglais et en lingala intitulée ‘Mama waits’. Celle-ci relate le drame des étudiantes qui quittent leur pays et laissent leurs enfants ‘au village’ afin de venir étudier en Belgique. Moment intense de communion avec toutes ces ‘ femmes courage’ en recherche d’autonomie.

L’après-midi s’est clôturée avec une allocution de la directrice adjointe, reprenant les valeurs de l’école, déjà mises en lumière de manière poétique par une infirmière – professeur au tout début, la spécificité de l’école dans le paysage scolaire bruxellois, et l’arrivée très prochaine des ‘boites à livres’ sur les 2 sites. 

Par souci de solidarité avec des jeunes adultes déficients mentaux, nous commandons depuis des années des biscuits fabriqués par l’atelier FARILU à Boitsfort : un régal pour tous, un petit coup de pouce et un encouragement pour eux ! 

Cette après-midi, à la fois festive et officielle, a été construite par quelques membres de l’équipe éducative : ils ont apporté leur totale coopération à ce projet important en investissement et riche de sens pour le 4ème degré.  

Myriam Geelhand, infirmière -professeur et Relais Pastorale scolaire