Journée de la Pastorale du 4 octobre 2021

Finalement le Covid n’aura pas fait que des dégâts ! Le temps de confinement a été pour certains un temps de repos et de ressourcement, un temps de remise en question. Pour d’autres, il a révélé la crise du lien à laquelle nous sommes tous confrontés. Quelle joie de se retrouver en présentiel !

Organisée par le service de la Pastorale scolaire du secondaire, la journée qui a rassemblé une cinquantaine de profs venus de Bruxelles et du Brabant Wallon s’est déroulée dans la grande salle de la Maison diocésaine à Auderghem. Le thème du jour était « L’écologie intégrale ».

Dans son allocution d’ouverture et de bienvenue, Claude Gillard, Délégué épiscopal pour l’enseignement, a souligné l’importance de l’encyclique « Laudato Si » qu’il qualifie de « bombe lancée contre la routine ». « C’est une opportunité à ne pas rater » disait-il. Il a continué en évoquant et en insistant sur le nouveau document du projet éducatif de l’enseignement catholique : Mission de l’école chrétienne qu’il a résumé en cinq axes « comme les cinq doigts de la main » : l’éducation cognitive, relationnelle, esthétique, corporelle et spirituelle. Il a terminé en mettant l’accent sur ses encouragements et son combat pour revaloriser le travail pastoral dans les écoles.

Cette journée fut l’occasion d’échanger et de partager des outils, des ressources et des réflexions autour de l’écologie intégrale. Vous trouverez à la fin de cet article, le powerpoint de la journée avec des liens intéressants.

A partir des capsules vidéos sur l’écologie intégrale, de nombreuses idées constructives furent partagées. Pour certains par exemple, l’écologie, c’est « en faire moins mais mieux », pour d’autres c’est une boussole qui nous donne le sens de la marche – c’est comme un Evangile !

L’écologie est l’affaire de tous et chacun peut y trouver sa place ; c’est un travail interdisciplinaire qui concerne toutes les classes et toutes les écoles comme ça devrait être le cas pour la pastorale scolaire, confiée généralement aux seuls profs de religion ! Le Covid est une opportunité pour s’interroger sur notre culture, nos liens avec nous-même, les autres et Dieu d’où la nécessité de faire de l’écologie humaine : rechercher plutôt ce qui fait union en s’ouvrant aux autres par l’échange et le partage. Faire de l’écologie à l’école, c’est faire des choses qui donnent du sens au quotidien de l’élève. Il a été souligné aussi qu’on remarque chez les jeunes, malgré leur volonté, un sentiment d’impuissance, d’être seuls face aux autres et de désespérance. Il faut les stimuler et les encourager à avancer.

La journée a été aussi marquée par un temps spirituel, au début de l’après-midi. Ce fut un moment intense de recueillement et de méditation agrémenté par les chants de louange et des intentions libres de prière. L’Évangile choisi était celui de saint Luc (12,16-28) où Jésus nous fait une réflexion sur ce que nous pouvons faire pour nous approprier davantage l’écologie intégrale, notamment en changeant notre façon de penser, voir les choses, … toujours dans le souci de sauvegarder notre « maison intérieure et commune ».

Un grand merci à vous tous nos fidèles partenaires et à vous chers collègues membres des équipes pastorales dans nos écoles.

Auberge des relais : autour de Pâques

Chers enseignants, 

Et si nous partagions nos idées, nos questions, nos intuitions… pour nous encourager mutuellement en osant ensemble de nouvelles approches pastorales ?
Nous vous proposons une auberge des Relais, un moment convivial de co-working en visio pour imaginer ensemble ce qui pourrait être possible dans nos écoles autour du carême et de Pâques .
Pour un échange plus efficace, nous vous invitons à parcourir les ressources contenues sur le padlet interdiocésain « Autour de Pâques ». 


https://padlet.com/CoDiEC/Interdio_Autour_de_paques

Mercredi 3 mars de 14h30 à 16h via zoom

Si vous avez d’autres ressources à y partager, n’hésitez pas à les envoyer à Alexandra: aleboux@yahoo.com

Jean-François

Il faisait froid, sec et lumineux, ce mercredi 25 novembre. Vraiment un temps pour aller marcher. Un temps qui aurait donc convenu à Jean-François. On célébrait ses funérailles pourtant… 

Plus On avance, plus on s’habitue à ne pas s’habituer à cela. 

Quand le cercueil parait, à l’église, on ne s’imagine pas que le corps d’une personne aimée soit enfermé dedans. On ne s’imagine pas… Mais le réel nous tombe dessus. Et où est donc le vrai, dans ce balancement d’imaginaire tronqué et de réalité trop crue ?

Je n’étais donc pas le seul à avoir les yeux mouillés, quand le cercueil de Jean-François est entré dans l’église Saint-Paul à Waterloo. Il était dix-heures trente. Le temps était radieux. Nous étions en tout petit nombre : quinze personnes, tout juste comptées selon les règles.

La cérémonie était sobre (forcément), brève (forcément), mais ce qui n’étais pas forcément assuré, au vu des circonstances, c’était que ce trop petit nombre de personnes représenterait une foule immense. Les paroissiens de Waterloo s’étaient donné le mot : ils resteraient chez eux, allumeraient une bougie, et se recueilleraient pendant les absoutes.

Quel beau symbole…

Jean-François Grégoire (1953-2020) a allumé sans le vouloir de très nombreuses bougies chez de très nombreuses personnes. Il ne vivait pas son sacerdoce dans les nuages. Les racines de son ciel puisaient le suc de sa prière dans la lecture, dans la marche, mais principalement peut-être dans l’amitié. Ses nombreuses affections ont d’ailleurs été évoquées pendant la célébration du 25 : des écrivains, des jeunes, des sportifs, des lecteurs, des paroissiens… des enseignants.

Attardons-nous sur ce dernier terme, puisque nous sommes enseignants.

L’attrait de Jean-François pour les profs remontait à sa plus haute enfance. Firmin, son papa, enseignait les mathématiques à Braine L’alleud. C’est par un professeur de ce collège, d’ailleurs, que Jean-François a commencé à nourrir sa vocation de prêtre. Il aurait bien aimé, lui aussi, être un abbé dans les écoles. Mais les autorités diocésaines ne souhaitaient plus investir dans l’enseignement. Jean-François s‘est retrouvé aux études (deux thèses, tout de même), et en paroisse, puis en prison, comme aumônier.

Je trace à trop grands traits ce parcours riche et sinueux. Mais je pense à ce témoignage de détenu, qu’on a pu aussi entendre à l’église, ce 25 novembre : « Il ne nous considérait pas comme des coupables, mais comme des amis. » Jean-François, qui aimait Brassens, aurait pu dire avec ce chanteur que « Les récompenses, comme  les punitions faisaient partie d’un  système de valeurs qu’il ne partageait pas ». Il aurait pu répéter, avec Simon Weil : « Le premier des principes pédagogiques, c’est que, pour élever quelqu’un, enfant ou adulte, il faut d’abord l’élever à ses propres yeux ».

Jean-François a animé de nombreuses retraites scolaires. Il a très peu enseigné dans le secondaire, mais abondamment ici et là : au séminaire, dans des sessions, dans des parcours théologiques… Puis, à l’invitation de Rosy Demaret, il est entré dans l’équipe de Pastorale scolaire, sous la responsabilité, ensuite, de Marc Bourgois. 

Au cours de nos réunions, il était vivant, attentif, jamais envahissant. Mais il nous invitait discrètement à lever les yeux, à perdre tout esprit de concurrence ou de conquête, à servir les écoles. Servir sans arrière-pensée, au nom de l’Évangile. Pas pour rallier à l’Évangile, mais pour permettre et favoriser la croissance de tous au nom de Jésus-Christ.

Jean-François nous a appris l’absolue gratuité du geste de croire. Dans le balancement entre l’imaginaire dépecé, qui nous dirait : Eh, ce n’est pas possible qu’il soit mort, et le réel brutal : il est bien là, entre ces quelques planches de bois, se lève le vrai. 

Le vrai ? C’est ce qui continue en nous, grâce à lui, avec nous, grâce à Dieu.

Lucien Noullez

Jean-François: 13 ans au service de la pastorale scolaire

Jean-François Grégoire au service de l’Animation Pastorale Scolaire Bruxelles Brabant Wallon : quelques repères …

Jean-François Grégoire, docteur en théologie, en philosophie et lettres et moraliste apparait dans la publication Cardan n°108 de juillet 2005, en un article de fond : « Devenir des spirituels ». Il devient à ce moment « accompagnateur théologique de l’équipe de Pastorale scolaire pour Bruxelles et le Brabant wallon », pour une durée finale de 13 ans. Il a été également durant de nombreuses années référent de qualité au sein de l’équipe d’animation spirituelle du Collège Notre-Dame de Basse-Wavre. Il avait par ailleurs intégré l’équipe enseignante du collège dans les années 90, comme professeur de français. 

Plaçant toujours l’Humain au centre, et concédant aux règles leur juste et raisonnable place, Jean-François a été prêtre en paroisse dans divers lieux, mais toujours au Brabant Wallon, qu’il aimait beaucoup. Il rassemblait des assemblées ferventes et ouvertes à l’avenir.

Jean-François Grégoire a rédigé deux thèses : une en théologie : « L’AMOUR ET LA HAINE DANS L’OEUVRE DE MICHEL DEL CASTILLO », une autre, en lettres sur LE SPIRITUEL DANS L’OEUVRE D’ANDRE DHÔTEL ». Auteur de livres et de nombreuses publications, il a au cours des années animé de nombreux groupes de lecture…

Jean-François a toujours été intéressé, passionné même parfois, par la vie des écoles

Jean-François aimait le sport et les sportifs, courir, marcher. 

Jean-François était aumônier de prison.

Il a aussi collaboré avec Entraide et Fraternité… 

On doit évidemment rappeler son soutien inconditionnel à l’équipe d’Animation Pastorale Scolaire Bruxelles Brabant wallon. 

Son apport a été considérable. L’accueil de l’équipe lors des rencontres au Vert, les eucharisties d’équipe à Saint-Paul (Waterloo), ouvertes aussi aux paroissiens : l’occasion de brefs partages entre les équipiers et ces quelques paroissiens, le plus souvent fidèles eux aussi. 

Evoquons à leur tour les interventions de Jean-François lors de journées des Relais, lors des journées de ressourcement puis de formation, lors des sessions Profs & Chrétiens : un récit banal, une reprise théologique et en un instant, l’anecdote prenait tout son sens, dans des directions et horizons insoupçonnés…

D’un point de vue rédactionnel, lisant Jean-François, chacun pouvait apprécier sa manière de jongler avec les idées tout autant qu’avec l’écrit et ses règles, ses mots, sa syntaxe, sa ponctuation.

Jean-François, dans les premières années, a assuré pratiquement tous les articles de fond du Cardan. Finalement, près de 35 articles de fond, sans compter des contextes de fiches bibliques, invitations à lire, divers apports encore, et depuis novembre 2013, sa relecture quelque peu décentrée et décentrante des mot-clés de l’enquête 2011-2012 du CodiEC, dont la compilation a fait par ailleurs l’objet d’une édition très réussie : « Des mots pour le dire », CoDiEC-Bruxelles, 2019.

Quelques titres d’articles ont fait date dans ma mémoire :

07/2005                      Devenir des spirituels

09/2005                      Pourquoi parler de sources et de re-sources ?

11/2005                      Prière

01/2006                      Exposé « Journée des Relais »

05/2006                      À la rencontre

11/2006                      Opérateurs de rencontre

09/2006                      Un malheur pour la rencontre : le préjugé

01/2007                      Le tiers sans lequel nulle rencontre n’est possible

05/2007                      Écologie, personne et communauté

07/2007                      À deux pas de chez soi

09/2007                      Le repas dans la Bible

01/2008                      Justesse et sobriété

03/2008                      Des animaux au paradis

05/2008                      Écoutez et vous vivrez

11/2008                      L’inouï

03/2009                      Écouter Dieu              

11/2009                      Responsabilité

11/2011                      Sept lois pour vivre ensemble

01/2012                      Huit voies vers la Joie parfaite

11/2012                      Choisir

11/203                        Mot-clé : « accueil »

05/2013                      Fidélité

11/2013                      Vivre le temps

03/2014                      Pâques : « Ne pas attendre de mourir pour ressusciter »

05/2014                      Aimer mon temps

07/2014                      Courage

09/2014                      Pourquoi Jésus-Christ ?

05/2015                      Les poches du Christ

09/2015                      L’école ensemble

01/2016                      Le Jubilé de la Miséricorde

05/2016                      Transitions

07/2016                      « Nous », ou comment vivre ensemble ?

09/2016                      Proposition de lecture de l’encyclique Laudato ‘si

01/2017                      Enthousiasme

03/2017                      Béatitudes

07/2017                      Vacances

11/2017                      Croire et (se) confier : quel rapport ?

03/2018                      Secret et confidence

03/2018                      Confiance en soi ; estime de soi

Gratitude à Jean-François …

Avec l’équipe, Marc Bourgois